Degas du pareil au même (a)

20 avril 2020

Il reprend le livre qu'il avait ouvert, pas tout à fait au hasard (il en a maintenant conscience). À la page 30, il y a donc ce beau Degas. Et, à la page 60, L'Oncle Dominique, moins enivrant, mais de circonstance.

Gaspard E, feuilleton, épisode 3.3

Depuis les années 70, Degas bricole des danseuses. Il les peint, les dessine, les crayonne, les brosse, les croque, les figure, les photographie, les sculpte, leur tire le portrait comme si c'était un paysage. Il y revient sans cesse, de bon gré ou pas. Elles sont un sujet majeur, le motif essentiel. Il n'a pas besoin d'aller loin, l'Opéra est à deux pas. Et il a encore de bonnes jambes.

Danseuses montant un escalier
Danseuses montant un escalier
(Degas, ca. 1888, Musée d'Orsay)

Danseuses montant un escalier aurait été peint en 1888. En tout cas, Degas vend la toile à Durand-Ruel au mois d'août, pour 2000 francs, alors qu'il est en cure à Cauterets. Le marchand la revend deux ans plus tard. Avec ou sans le cadre qu'on lui connaît? C'est un petit format, pas anodin dans ses proportions, 30x90 cm. A part ça, Degas travaille d'arrache-pied sur les chevaux, acquiert deux tableaux de Manet, Le jambon et Une poire, et il continue de considérer Monet comme un simple décorateur, doué pour le commerce.

Ici tout est mouvement. Mais la question a été posée de savoir si nous avons sous les yeux des danseuses ou la même danseuse à plusieurs instants.

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